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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 10:04

Eurotower_in_Frankfurt.jpgDepuis la fin de la seconde guerre mondiale, les Etats européens ont perdu peu à peu de leur influence. Une décadence politique mais surtout, et avant tout, économique. Dans un monde qui a pris comme étendards la monnaie et le billet, et qui a relégué au second plan l’Art ou la religion comme instruments et symboles de pouvoir, le Vieux Continent est de plus en plus isolé. Ou plutôt, ce sont les pays qui forment l’Europe qui perdent de leur puissance. Jadis première puissance économique du monde, la France, avec une croissance annuelle du PIB qui ne dépasse guère 2% (quand la conjoncture est favorable) n’a plus vraiment sa place sur la scène internationale. L’Italie non plus. L’Espagne encore moins. L’Allemagne et l’Angleterre, qui parviennent à surprendre avec des taux de croissance qui dépassent parfois les 3%, tirent encore tant bien que mal leur épargne du jeu. Mais face aux chiffres de la Chine (presque 8% au l’an dernier) ou encore de l’Inde, les inquiétudes sont réelles. Les Etats-Unis, en dehors de leur récession en 2009 due à la crise des 'subrimes', tiennent toujours un rôle clé dans l’économie mondiale, et malgré la concurrence de plus en plus forte des pays émergents depuis les années 2000, ils disposent d’un système économique suffisamment souple pour leur  permettre de rebondir. En dépit d'une reprise économique qui montre des signes d'essoufflements dans le monde, le PIB américain devrait croître de 3% cette année, contre 1% en France (et 0,1% au premier trimestre).

 

L'Union fait la force


Or, ce qui est intéressant de constater, c’est que l’Union européenne, mélange de 27 nations aux langues et aux cultures différentes, voire antagonistes, est, sur un plan économique stricto sensu, plus puissante que les Etats-Unis. En 2009, avec 28,19% du PIB mondial, l’économie de l’UE était la première du monde. Ce système qui réunit donc 27 états que tout oppose a donc une légitimité sur la scène internationale. Mais  finalement, elle n’a que cela. Seules, les nations qui composent l’UE ont compris qu’elles avaient besoin de se réunir pour disposer d’un poids plus important.  Les pays occidentaux (France, Allemagne, Italie, Espagne), ont saisi que l’élargissement aux pays appartenant à l’ancien bloc communiste était nécessaire afin de contribuer au développement de l’économie. Premier avantage : à l’est, la main-d’œuvre y est peu chère et les taxes sont suffisamment basses pour y justifier les délocalisations. Un transfert de compétences, de matériel et d’individus est a ainsi lieu dans les nations occidentales. Mais ce transfert est plus intéressant que s’il avait lieu, par exemple, en Inde ou en Chine, car d’un point de vue économique, il contribue à créer de la richesse au sein de l’UE.

L'Europe économique est donc réelle. Mais qu'en est-il de l’Europe identitaire ? Ce n'est, à mes yeux, qu'un mirage lointain. Quel européen pourrait dessiner sur une feuille de papier les contours, même approximatifs, de l’Europe des 27 ? La plupart d’entre nous savent dessiner le Japon, les Etats-Unis ou  l’Australie, mais jusqu’où s’étend l’Europe à l’Est ? L’Union européenne n’est pas un désir d’union des peuples, en tout cas pas directement. Son but premier, c’est de permettre aux pays qui la composent de conserver une place sur la scène internationale, dans un monde de plus en plus globalisé ou les «grandes » ne font qu’une bouchée des « petites » nations. Un sondage (consultable ici) réalisé en 2009 par TNS Opinion pour le compte de la Commission européenne révèle que 56% des Européens considèrent que dans la globalisation, le fait pour leur pays d'appartenir à l'UE est une chance. 17% y voient au contraire une menace. L'Europe, sur un plan idéologique, culturel, et religieux, n'est qu'une chimère.

Alors que plusieurs Etats ont demandé à ce que le traité constitutionnel mentionne les "racines chrétiennes" de l'Europe, la France, par la voix notamment de son ancien président Valéry Giscard d'Estaing, s'y est fermement opposée. Pourtant, au sein d'une union qui réunit 27 pays aux langues et cultures différentes, la religion chrétienne est bien le SEUL socle qui les unit les uns aux autres. Qu'est ce qui rapproche un Français d'un Italien, d'un Espagnol, d'un Polonais, d'un Allemand ou d'un Grec? Un "projet européen"? Basé sur quoi, sur l'économie, sur l'argent? Visiblement oui. Sur la paix? Peut-être. Mais la paix devient un concept abstrait quand il est acquis (il est difficile d'imaginer une guerre entre pays européens tant leurs besoins économiques sont désormais liés les uns aux autres). L'Union Européenne me paraît ainsi avant tout un concept ECONOMIQUE, en aucun cas IDEOLOGIQUE.  Or il faut donner au peuple son opium afin de détourner son attention de son but premier : créer de la richesse et de la croissance. Sans cet opium, qui donne un sentiment d'appartenance atour d'un but commun, difficile d'adhérer à quoi que ce soit. 

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9 juillet 2010 5 09 /07 /juillet /2010 18:55

marinetti-futurismo.jpg"l'aliénation consiste à être l'allié de ses propres fossoyeurs" Milan Cundera.

 

 Marx  développe le concept d'aliénation en se basant sur le travail de l'ouvrier dans le monde capitaliste. Celui-ci, ne vend pas sa production, mais sa force de travail. La finalité des tâches qu'il accomplit lui échappe totalement. L'artisan fabriquait un produit fini, l'ouvrier n'est qu'une machine, un outil que d'autres utilisent. L'aliénation viens du fait que l'ouvrier n'est pas décideur de sa production, qu'il obéit à des lois, celles de ses utilisateurs, ainsi qu'à des lois économiques. Il n'a aucun contrôle sur son activité.

 

Plus que le libéralisme, ce qui a bouleversé le rapport de l'Homme au travail, c'est le Taylorisme. Il faut bien distinguer les deux: le taylorisme à favorisé le developpement du capitalisme mais n'a pas de rapport avec le libéralisme.  Cette méthode de travail est apparue pour la première fois en 1880 dans le livre "l'organisation scientifique du travail". Le principe? Si l'artisan produit un objet X en faisant 450 tâches successives, il est plus rentable de décomposer ces tâches et de payer 450 ouvriers pour faire un seul mouvement. On y gagne du temps, de la précision (parce que avec ce genre de production on peut commencer à imaginer des machines pour remplacer l'Homme), de la capacité de production (du volume) et donc de l'argent. Le problème c'est que l'artisan, même s'il mettait des mois à fabriquer son objet X, il pouvait y trouver une certaine satisfaction, il acquerait aussi un certain savoir-faire, et surtout il pouvait, si il était bon, bien gagner sa vie. L'artisan du XIX Siècle, c'était un peu le dirigeant d'entreprise d'aujourd'hui: on retrouvait sa signature dans son travail. 

Au contraire, les ouvriers (je parle ici d'ouvriers à la chaîne et non pas des ouvriers qualifiés), depuis le Taylorisme, connaissent une situation qu'aucun homme libre n'a connu dans l'histoire de l'humanité. Ils ne sont pas maîtres de leur production, et cela pendant toutes leur vie. Pire, leur travail ne suppose aucun apprentissage, aucune évolution des tâches, aucun stimulus intellectuel: une monotonie dans un métier exécrable. C'est là qu'arrive l'aliénation que décrit Cundera: l'ouvrier au fil du temps, perd tout stimulus, il ne se rend même plus compte de l'absurdité de son métier, il en viendrait presque à remercier son patron, son seigneur féodal. Ce même seigneur qui de son coté, s'est employé de toutes ses forces à donner une âme et un semblant de respectabilité pour un métier qui n'en mérite pas, contrairement aux personnes qui l'exercent.

Heureusement, la figure de l'ouvrier à la chaîne n'est plus dominante en Europe de l'ouest aujourd'hui.  Nous avons pensé qu'il était bon de délocaliser ce genre d'activité, pour la bonne raison (façon de parler) qu'un aliéné chinois, roumain ou turque coûte moins cher qu'un aliéné Européen*. En tant qu'Européen, je me réjouis de cette délocalisation.  En tant qu'Humaniste, je suis consterné.

  07.jpg

 

Alors, dirons nous, l'aliénation est un concept du début du siècle dernier, aujourd'hui révolu. Pas du tout. Aujourd'hui le Taylorisme à laissé la place a des choses bien plus perfides: les sciences de l'organisation du travail, les méthodologies, les process, comme on les appellent dans le jargon. C'est un phénomène qui a, toujours existé certes, mais qui  a explosé depuis quelques années. Dans les grosses société, on ne demande plus aux cadres de  penser. Entendu pas plus tard que le mois dernier dans une conférence destinée à des cadres supérieurs: "on ne vous paye pas pour réfléchir à des solutions à la crise, on vous paye pour exécuter". Tout est vrai. Tout est dit. Et le pire, c'est que même dans l'exécution il n'y a pas de place pour l'individualité, pour la réflection, pour l'imagination, pour la création, pour l'autonomie. Tout est codifié, tout est processualisé. Le cadre d'aujourd'hui est une personne qui remplit des tableaux excel ou des fichiers informatiques, il a été formé pour ça, il ne peut s'en écarter. C'est une personne qui n'a aucune marge de manoeuvre dans l'exécution de son travail.

L'avantage avec ces méthodologies, c'est que même un employé médiocre peut s'en sortir et donner un résultat satisfaisant à l'employeur, alors que cet employé dans le vieux système serait mis au fond d'un placard.

L'inconvénient c'est que les process tuent l'initiative et le stimulus, l'auto-satisfaction, le plaisir de faire quelque chose soit même. Avec ces méthodologies, le cadre et l'employé sont des outils, des machines, tout comme l'ouvrier à la chaîne. C'est dans cette conception du travail qu'il faut rechercher les causes des suicides en entreprises,  et non pas dans les rapports humains conflictuels avec les supérieurs hiérarchiques ou entre employés. Un chef tyrannique ou incapable n'a jamais tué personne, ce n'est qu'un être humain après tout. Mais personne ne peut lutter contre les méthodologies du travail , ces systèmes qui s'auto-alimentent, qui paralysent le cerveau et la créativité, qui cristallisent les rancoeurs contre un ennemi invisible, qui frustrent les travailleurs, qui enchevêtrent tellement  les rôles et responsabilités que personnes ne sait qui est responsable de quoi. A' force de décomposer les tâches du travail, personne ne sait plus ce qu'il fait ni pourquoi il le fait. De là à ne plus savoir comment le faire il n'y a qu'un pas.

Le cadre et l'employé d'aujourd'hui sont  les aliénés de notre société. Pour éviter de se retrouver dans 50 ans avec des armées de travailleurs ne sachant qu'exécuter, ayant perdu tout sens de la finalité globale de leur travail, il faut dès aujourd'hui remettre en cause les théories d'organisation du travail (j'aimerais d'ailleurs entendre les syndicats sur ce sujet).

Il faut aussi arrêter de former des exécutants dans les universités. Qu'est-ce que le choix de l'ultra-spécialisation au détriment des études plus généralistes sinon le choix du "savoir exécuter" à la place du "savoir penser"? Il faut absolument revaloriser les études généralistes: Nous avons 40 ans de travail qui nous attendent pour chaque vie,  cela en laisse du temps pour se spécialiser! Alors que l'on n'a que 2 à 5 ans pour apprendre à  réfléchir, pour s'ouvrir au monde, pour apprendre à apprendre, pour se construire; ne les gâchons pas.

 

Article connexe: L'aliénation du III millénaire (partie II)


* Il serait bon et original d'analyser les causes de la faible industrialisation du continent Africain, dans cette optique. Outre les raisons politiques et les lacunes d'infrastructures, est-ce que les Africains, de part leur culture, seraient moins aliénables que les Européens ou Asiatiques?

 

Illustration:

Enrico Prampolini - Ritratto di Marinetti

 

Note: L'utilisation de peintures du Futurismo, mouvement artistique mais aussi idéologique italien, n'est pas coïncidence.

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 15:47

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La perception de notre condition sociale dans la société est extraordinairement importante. C'est grâce à cette perception que nous jugeons utiles/inutiles les politiques mise en oeuvre. C'est à travers cette vision de la France que nous jugeons les autres, et nous même. Malheureusement les Français ne savent pas se positionner par rapport à leur concitoyens. Ils ont une très mauvaise perception de le la réalité sociale.

 

La France, à en croire ses habitants, est très égalitaire. Lorsque l'on demande à des personnes comment elles se perçoivent socialement et économiquement, la presque totalité répond "je suis de la classe moyenne". L'ouvrier comme le patron de PME, l'assistante de direction comme le dirigeant de grande entreprise. Bizarrement, les salariés plus élevés ont encore plus de mal à assumer leur statut de "riche" que les salariés les plus bas  assument leur statut de "pauvre". Inutile de s'en prendre à la gauche modernes sequestratrice de patrons, cette idée ne vient pas d'une sensibilité politique de gauche, mais de la culture catholique sécularisée, profondément ancrée dans notre ADN culturel: "il est plus facile à un chameaux de passer dans le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu" (Mc 10, 17-30). En effet le rapport à l'argent est complètement différent dans les autres religions: dans l'islam et l'hébraïsme, le rapport à l'argent et au commerce, au profit, est "normalisé". Chez les protestant la réussite économique est même un signe de la prédestination au Paradis. On comprend mieux pourquoi le capitalisme et la révolution industrielle ont trouvé un terrain fertile dans les pays anglo-saxon et on tardé à s'installer en Europe du Sud! Le riche, pour la plupart des Français, c'est le méchant. Le riche c'est l'autre.

La résultante est que nous habitons un pays où personne ne se considère riche. Tous se considèrent de la classe moyenne. La vision que les Français ont de leur société est déformé. Le Français, aidé par l'imperméabilité des cercles sociaux, regarde toujours vers le haut, vers ceux qui gagnent plus, et jamais vers le bas, vers ceux qui gagnent moins. Ceux-ci sont invisibles, ils sont pourtant bien présents. Il est donc indispensable de remettre les choses en place et de prendre vraiment conscience de notre position dans la société. Sans cette perception juste du statut social de la France, impossible d'établir ou de juger une politique.

 

Comment avoir une vision objective? Déjà en simplifiant au maximum les paramètres statistiques, et en fuyant comme la peste toutes les considérations politiques sur la richesse. C'est à dire en sacrifiant un peu de précision statistique au profit d'une meilleur vision globale où chacun pourra se retrouver.

Je pars du principe largement accepté que la richesse n'est pas un terme absolu, mais relatif.  La richesse c'est une perception par rapport à ce qu'on connaît et à notre cercle social. Un jeune homme de bonne famille se sentira pauvre si il ne fréquente que des amis beaucoup plus riches que lui. Si ce même jeune homme fréquente, au contraire, des gens de classe moyenne ou basse, il se sentira très riche. Bref: un riche, un pauvre, ça n'existe pas, il n'y a que "des plus riches que" et des "plus pauvres que". Essayons donc de voir comment se partage cette richesse en France. Qui sont les pauvres? qui sont les classes moyennes supérieures et inférieures? Et vous? Vous vous placez où?

Je vais me baser sur la distribution des revenus salariaux et allocations (données 2007 INSEE) et construire mes propres catégories subjectives, car celles officielles ne me conviennent pas.

 

classe pauvre: 20% les plus pauvres

classe moyenne-basse: 20% suivant

classe moyenne-médiane: 20% suivant

classe moyenne-supérieur: 20% suivant

classe riche: dernier 20%

 

Voyons un peu ce que ça donne:

Vous gagnez (percevez) moins de 9 363 euros par an? C'est à dire max. 780 euro/mois? Vous faites partie, selon ma définition subjective, des pauvres.  80% des Français gagnent plus que vous.

Vous gagnez entre 9 364 Euros et 15 420 euros par an? c'est à dire max. 1 285 euros par mois? Vous faites partie, toujours selon ma définition subjective, de la classe moyenne-basse. 20% des Français gagnent moins que vous, 60% gagnent plus.

Vous gagnez entre 15 421 euros et  19 795 euros par an? c'est à dire max. 1 649 euros par mois? Vous faites partie de la vrai classe moyenne: la classe médiane. C'est à dire que 40% des Français gagnent moins que vous, 40% gagnent plus. Le salaire médian absolu est 17 512 euros par an (1 459/mois). 50 % de la population gagne moins, 50% gagne plus.

Passons aux bonnes nouvelles:

Vous gagnez entre 19 796 euros et 26 525 euros par an? C'est à dire max. 2 210 euros par mois? Vous faites partie de la classe moyenne supérieure. 60% des Français gagnent moins que vous, 20% gagnent plus.

Vous gagnez plus de 26 525 euros par mois? c'est à dire plus de 2 210 euros par mois? Bravo! Vous faites partie des 20% de la population la plus riche! Si cette échelle de valeur vous semble trop courte, sachez que si  vous gagnez plus de 34 080 euros par an (2 840 euros/mois), vous faites partie des 10% des français les plus riches!

 

Voilà pour les faits. Ces chiffres, comme tous les chiffres, sont insuffisants. Ils ne tiennent pas comptent des héritages économiques, des héritages sociaux et culturels, des biens immobiliers, du coût de la vie par rapport au lieu d'habitation. Toutefois, se baser sur les revenus annuels permet d'avoir une idée assez juste de la répartition de la richesse.

 

Ce qui est important, c'est de prendre conscience de sa condition et surtout de ceux qui nous entourent.

Avant de vous lancer dans une élucubration sur le fait que vous passez 40h au bureau pour seulement  2 500 Euros par mois alors que votre carreleur et votre plombier ont une maison avec piscine, rappelez vous que 80% des Français gagnent moins que vous (et que eux).

Et là, normalement, vous vous demandez où ils sont, ces 80% de Français qui gagnent moins que vous, mais vous ne les voyez pas. C'est bien là le problème.

 


A' l'échelle du monde

cornucopia2.gifJ'ai l'habitude de mettre l'Homme au centre de tout, au-dessus de la nation. Élargissons donc l'analyse à toute l'humanité. Nous savons que nous faisons partie du monde occidental riche. Mais avons-nous vraiment conscience de la différence qui existe entre nous, les plus riches, et les autres?

 

Ici je vais me baser sur le PIB/ habitant en PPA (parité de pouvoir d'achat). Et je vais considérer chaque pays comme unité (il serait plus judicieux de pondérer avec la population de chaque pays, mais je n'ai pas les chiffres).  Source FMI.

 

La première chose à chercher c'est le pays médian:

Sur les 179 pays listés par le FMI, le pays médian est le Venezuela avec 7 166$ par an et par habitant (en PPA, je vous le rappelle). Ce qui signifie que la moitié des pays de la Terre sont plus riches, et que la moitié sont plus pauvre que le Venezuela.

 

L'autre chiffre encore plus intéressant, c'est de voir comment ces deux moitiés se repartissent les richesses mondiales.

La première moitié des pays du monde a un PIB/ habitant compris entre 680 $ et 7 166 $ par an.

La deuxième moitié a un PIB/ habitant compris entre 7 166 $ et 80 471 $ par an.

Il est là le gouffre. Pour mieux s'en rendre compte, j'ai divisé tous les pays en 10 déciles, (10 groupes de 18 pays), fait la moyenne de leur PIB/habitant et calculé la part de ce PIB par rapport au total. La France est en 15 position, soit dans le premier décile.

Voici le résultat:

 

Sans-titre.JPG

 

 

Comment lire ce graphique:

les 10% les plus riches (1 décile) gagnent 35% de la richesse totale.

les 20% les plus riches gagnent 58% (23+35) de la richesse totale.

les 10% les plus pauvres gagnent 1% de la richesse totale.

les 50% les plus pauvres, donc la moitié des pays du monde, gagnent 12% de la richesse mondiale.

 

A titre informatif, si les richesses du monde étaient partagées équitablement, on aurait un PIB/habitant de 12 067 euro. Soit le PIB/habitant de la Russie. C'est ce que notre planète et notre industrie peuvent nous offrir aujourd'hui, dans des conditions d'égalité totale.

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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 23:26

6a00e54f0dd8d0883400e5502086538834-800wiLundi 7 juin s’est ouvert le procès de Jérôme Kerviel, l’ancien opérateur de marché qui est accusé par la Société Générale de lui avoir fait perdre 4,9 milliards d’euros lors d’opérations financières qu’il aurait, selon sa banque, exécutées à son insu. Cette affaire me passionne. Lorsque l’affaire éclate un beau matin de janvier 2008 par le biais d’un communiqué de l’AFP de couleur rouge sang (c'est-à-dire un des niveaux les plus élevés pour une dépêche), je me dis que cette affaire va laisser des traces. Jour après jour, mois après mois, papier après papier, je commence à m’intéresser de plus en plus à ce dossier qui flaire bon la magouille avec un grand M. il faut dire que ma curiosité a, il est vraie, été quelque peu « poussée » par les nombreux appels que mes collègues journalistes et moi-même avons reçus de la Société Générale ou des avocats de Kerviel qui demandaient le retrait de tel propos ou de tel mot dans les papiers pour des motifs divers et variés.


Plus de deux ans après les faits, Kerviel, 33 ans, est ainsi jugé pour "abus de confiance", "faux et usage de faux" et "introduction frauduleuse dans un système de traitement automatisé de données informatiques". Il encourt jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 375.000 euros d'amende. Concrètement, la banque lui reproche d’avoir détourné les mesures de contrôle pour spéculer sur les marchés en dépassant outre-mesure les limites financières qui lui avaient été imposées. De son côté, l’ancien trader admet avoir « perdu la notion des choses », obnubilé par l’idée de faire gagner toujours plus d’argent à la banque. En revanche, il estime que ses responsables étaient parfaitement au courant de ses agissements. « Inouï », selon Jean-Pierre Mustier, l’ancien directeur de la banque de financement et d’investissement de la banque, qui s’est présenté mardi à la barre. Pour rappel, l’homme a dû quitter la banque en août 2009 suite à l'ouverture d'une enquête de l'Autorité des marchés financiers (AMF) pour délit d'initié.


"Mes supérieurs m'ont laissé faire"


Jérôme Kerviel, dans un livre publié à la suite de l’affaire, intitulé « l’engrange » - et que je n’ai pas acheté car je refuse de donner un sou à ce type de personnage –est pourtant formel. Ses responsables « savaient ». Ou du moins, ils le laissaient faire, sans dire oui, ni non. Tant que l’argent rentre, même si tu dépasse les limites, ça ira. C’est en gros le message qu’il recevait (ou qu’il croyait recevoir). Selon l’enquête du juge chargé de l’affaire, le trader aurait menti à ses supérieurs, profitant de sa connaissance du middle-office, où il a travaillé entre 2000 et 2005 avant de devenir trader à proprement parler. Il aurait du coup produit des faux documents qui, selon les juges d'instruction, "ont mis en échec les contrôles de la banque" et qui, selon une autre enquête, interne à la banque cette fois, n’ont pas de toute façon été à la hauteur.


Pourtant, selon un récent sondage, 50% des Français estiment que Kerviel est une « victime » de la SG. Une victime du capitalisme sauvage, de la quête de l’argent, du profit incessant qui incite à flirter avec les règles et les lois. Or après la crise des subprimes, les bonus records accordés aux traders malgré la crise, les bénéfices exceptionnels des banques moins de deux ans après leurs sauvetage par les différents gouvernements mondiaux, l’opinion publique peut légitimement accorder le bénéfice du doute à un ancien trader qui est, comme il l’avoue lui-même, « allé trop loin « . Peut-être que Kerviel a effectivement abusé tout le monde et qu’il a perdu les pédales, spéculant de l’argent à droite et à gauche comme on joue au Monopoly. D’après lui, dans ce métier « on perd la notion des montants, ça va tellement vite qu'on n'a plus le temps de réfléchir. Oui, j'étais partie prenante de ce système ». L’enquête a par ailleurs montré qu’il n’a jamais tiré  profit personnel de ses prises de positions sur les marchés, mêmes quand celles-ci étaient gagnantes. C’était donc peut-être un simple employé qui a perdu le sens des réalités et s’est jeté tête perdue dans son métier sans penser aux conséquences. Et quand les choses ont mal tourné, il était trop tard. Mais retournons la question : est-ce que la banque aurait mis un terme aux agissements de  Kerviel si ceux-ci s’avéraient gagnants ? Est-ce qu’elle aurait licencié Jérôme Kerviel et ses supérieurs hiérarchiques si les positions frauduleuses du trader lui  avaient rapporté 4,9 milliards d’euros de gains plutôt que de pertes ? Je ne pense pas me tromper en disant que chacun de nous, s’est, au moins une fois, posé la question. Alors, responsable, mais pas coupable ? A la justice de bien faire son travail et d’en décider. 


Pour aller plus loin:

Interview - «Il faut réintroduire l'homme au centre des marchés financiers» (figaro.fr)

Ce que les banques ont retenu de "l'affaire Kerviel" (La Croix.fr)

 

 

 

 

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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 11:05

dette-internationale-600x279.png

En général, c'est à la suite des élections (personne ne parle jamais de ça avant), qu'on entend parler de la dette publique et du déficit, souvent pour critiquer les comptes désastreux laissés   par le gouvernement précédent. A part certains hommes politiques, personne ne s'y intéresse sérieusement. La crise Grecque nous a donné un sérieux coup de bâton, en nous rappelons que la dette et le déficit ne sont pas que des chiffres abstrait avec pleins de 0.

 

Rappelons d'abord les notions principales: il faut distinguer la dette du déficit. La dette publique c'est l'ensemble des emprunts accumulés au long des années par l'état, les entreprises publiques, les collectivités territoriales, les organismes de sécurité sociale,etc. Le déficit public, au contraire, c'est le solde budgétaire de l'état à la fin de l'année. On parle de déficit lorsque les dépenses publiques sont supérieures aux recettes publiques, mais le solde peut aussi être positif, dans ce cas on parle d'excédent budgétaire.  Pour reprendre un exemple connu, si l'eau dans la baignoire représente la dette, le robinet qui coule représente le déficit public, et l'ouverture du bouchon représente l'excèdent budgétaire (et donc la diminution de la dette).

La plupart des gouvernements donnent plus d'importance au déficit qu'à la dette, car le déficit est le résultat à court terme de leur action, alors que la dette est le résultat de tous les déficits des précédents gouvernements. Le déficit est aussi un bon indicateur de la capacité de gestion d'un gouvernement. En l'occurrence, ce qui provoque des préoccupations en Grèce (à part la tricherie sur les données) ce n'est pas tant l'ampleur de la dette -qui est certes énorme- que l'ampleur du déficit. En effet, le Japon et l'Italie ont par exemple à une dette de 192%  et 115% par rapport à leurs PIB! Alors que la Grèce n'a une dette "que" de 113%. La différence est que le Japon a un déficit de 8% (et une structure économique particulière avec beaucoup d'épargnants) l'Italie un déficit de 3 à 4 %, et la Grèce un déficit de 12,7%. L'ampleur de la dette reste quand même une donnée fondamentale car pour beaucoup de pays, les intérêts à payer sur cette dette sont la principales causes du déficit publique. Autrement dit, sans les intérêts a payer sur la dette accumulée, certains États auraient un excèdent budgétaire, ou plus probablement, ces états pourraient mettre plus d'argent dans les dépenses publiques.

 


Quelques chiffres pour avoir une vision globale de la dette ( données 2009):

La dette publique mondiale est estimé à 60,4% du PIB mondial (24 168 milliards d'Euro)

La dette publiqe du Japon correspond à 192% du PIB

La dette publique de l'Italie correspond à 115% du PIB

La dette publique de la Grèce correspond à 113% du PIB

La dette publique de la France correspond à 77,6% du PIB (1 499 milliards d'Euro)

La dette publique de l'Allemagne correspond à 77% du PIB

La dette publique des USA correspond à 53% du PIB

La dette publique de la Chine correspond à 18% du PIB

La dette publique de la Russie correspond à 6,9% du PIB

 

la carte ci-dessus représente le % de la dette publique par rapport aux PIB nationaux (2009)


parthenon4948ul4.jpg

Venons-en au coeur du sujet. Pour faire tourner la machine étatique et les collectivités territoriales, pour payer les fonctionnaires, payer les systèmes de sécurité sociales etc., la plupart des pays s'endettent. Envers qui? Envers les grosses banques mondiales. Et d'où vient tout cet argent des banques? Certainement pas de leurs profits qui ne suffiraient pas. Cet argent, il vient de nous, des épargnants du mondes entier. En déposant un billet de 100 Euro à la banque, nous donnons à celle-ci le droit de le gérer comme elle le souhaite. Nous sommes toujours propriétaire de la valeur nominale de 100 euro, mais le billet est en quelques sorte sous tutelle de la banque qui décide comment l'employer et le faire fructifier à son propres intérêt. Contre cette perte de souveraineté sur notre billet de 100 Euro, la banque nous garantit un taux d'intérêt. Lorsqu'une banque prête de l'argent, elle prête de l'argent qui ne lui appartient pas.

Reprenons l'exemple concret de la Grèce:

- Les gouvernements successifs se sont laissés aller avec les dépenses publiques; La dette et le déficit n'ont cessé de croître.

- L'état a fait faillite et à travers son déficit il démontre qu'il est loin de pouvoir inverser la tendance. La Grèce perd la confiance des banques sur le remboursement de sa dette, personnes ne veut plus lui prêter de l'argent.

- Pour rétablir la confiance, des politiques de restrictions sont imposées à la Grèce, c'est donc la population qui paye, au prix fort, les erreurs du gouvernement.

- Les banques ne veulent plus prêter d'argent à la Grèce, c'est donc les Européens (France, Allemagne etc.) qui vont donner de l'argent, mais vu qu'ils n'en ont pas... ils vont emprunter a ces mêmes banques pour ensuite prêter à la Grèce (à un taux d'intérêt légèrement plus élevé). Les pays européens jouent ainsi garant (pas gratuitement, évidemment).

Résultat: L'argent qui doit sauver la Grèce est donc l'argent des banques, l'argent des épargnants du monde entier: Français, Allemands, Américains, Chinois, ou.... Grecs! C'est là que le serpent se mord la queue. Les banques ne sont pas propriétaires de l'argent qu'elles prêtent! Elles sont gestataires, et cet argent est à nous!  D'un point de vue global, et supranationale, nous, les citoyens, devons donc subir des politiques de restriction pour qu'on veuille bien nous prêter de l'argent qui est à nous (ou à notre voisin)!

 

Une données parmi celles énoncées plus haut me fait frissonner. La dette publique mondiale est de 60,4% par rapport au PIB du monde. Ce qui signifie que les États du monde sont endettés envers les banques privées à hauteur de 60,4% de ce qu'ils produisent sur un an. Dans ces conditions, on peut se demander si ce sont ces états qui gouvernent, ou bien si ce sont les banques.

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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 11:42

Consum-C3-A9risme.jpgCet après midi j'étais en voiture. Tout seul depuis les derniers 1700 km. Forcément dans ces conditions on a le temps de gamberger, et c'est ainsi que j'ai inventé, en plus ou moins 50km, la théorie de l'essuie-glace que je vais vous raconter.

Cette théorie pourrait aussi s'appeler la théorie de non compatibilité entre Capitalisme et écologie, mais c'est moins charmant. Revenons donc à notre histoire. J’étais sur les autoroutes de l'Italie centrale me dirigeant vers la France, quand d'un coup il se mit à pleuvoir (et pendant plusieurs heures...). J'ai donc actionné mes essuie-glaces... Et voici le raisonnement qui m'a amené à la conclusion qu’écologie et capitalisme ne sont pas compatibles.

En observant la vétusté de mes balais et leurs fonctionnements plus qu'aléatoires (du genre "swuiiiiiiiiiiiiip ratle ratle ratle ratle") je me souvins soudain d'une parole de vieux sage qui me disait que pour garder un essuie glace plus longtemps il fallait le tremper dans une solution de +trou de mémoire+ (pas de bol si vous êtes arrivé ici en tapant sur Google "comment faire durer mes essuie glace plus longtemps.."). Je me suis donc imaginé que si on pouvait allonger la vie des essuie glace et les faire tenir deux fois plus longtemps avec un simple produit de maison, cela ferait, à l'échelle de la France deux  fois moins d'emballage, deux fois moins d'énergie utilisé pour la production, deux fois moins de plastique utilisé, deux fois moins de caoutchouc utilisé, deux fois moins de déchet à recycler. Bref, sans changer le monde, ça serait positif d'un point de vue écologique.

J'aurais pu m'arrêter là, mais la route était encore longue...

Un produit qui aurait une durée de vie doublé aurait donc un  impact écologique diminué par deux, ou  même probablement plus que deux. Comment ce fait-il qu'on n'investisse pas dans cette direction? Avez-vous jamais entendu parler d'une politique productive pour l'allongement de la durée de vie des biens? Comment ce fait-il qu'on puisse envoyer des hommes sur la lune et qu'on ne soit pas foutu de faire durer un téléphone portable ou une télé (par ex.) plus de 5 ans? Surtout quand la télé de grand-mère, elle, marche toujours, même après 30 ans de loyaux services.  Essayons de comprendre en poursuivant le récit. Que ce passerait il du coté du fabricant d'essuie glace si tout les français utilisaient le remède du vieux sage? Tout simplement, il produirait la moitié de ce qu'il produit aujourd'hui. Ce qui signifie qu'il aurait une usine deux fois plus petite, qu'il emploierait deux fois moins d'ouvriers. Que son CA serait deux fois plus petit. En plus de ça, tous le réseau de distribution en souffrirait, les transporteurs auraient moins de travaille ainsi que les magasins distributeurs. Et ne parlons pas des garages spécialistes du changement d'essuie glace qui seraient carrément sur la paille!

Non, notre capitalisme ne veut pas de produit solide, qui puissent durer dans le temps, et donc à faible impact écologique. Le capitalisme a besoin de produit jetable, ou quasi jetable, de produit qui durent le moins possible pour pouvoir relancer la machine productive le plus vite possible. Un produit à faible durée de vie c'est pour l'entreprise la certitude d'avoir à court termes de nouvelles commandes, et c'est aussi la certitude d'avoir  de l'occupation, ce qui fait plaisir à l'état.  Bref tout le monde est content. Un produit "éternels" ou a très longue durée de vie au contraire ne se vend qu'une fois, et donc ne se produit qu'une fois.

Le capitalisme est donc boulimique de production et pourra peut-être être teinté de vert pale, mais ne sera jamais un capitalisme écologique.

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 10:32

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Sujet épineux que celui des banques. Il mériterait plusieurs tomes à lui tout seul, car impossible de tout résumer en un seul papier. D’un côté, difficile d’imaginer un monde sans ces institutions financières qui introduisent et font circuler les capitaux dans nos sociétés actuelles, quasi-majoritairement libérales. De l’autre, qui n’a pas souhaité voir la disparition de ces entreprises dont les agissements, notamment aux Etats-Unis, ont été à l’origine de la plus grave crise de ces cent dernières années, celle des « subprimes » (crédits hypothécaires hautement risqués).

En début de semaine, le chef de l’Etat Nicolas Sarkozy a demandé aux responsables des principales banques du pays de rester "pleinement mobilisées" pour assurer le financement de l'économie en période de reprise, en facilitant notamment l’accès au crédit pour les PME et le TPE. Pourquoi ce rappel à l’ordre ? Tout simplement car les banques ont repris leurs mauvaises habitudes initiales, à la barbe et au nez des contribuables qui, pour la plupart, injectent chaque mois leurs (maigres) économies dans leurs comptes misérablement rémunérés.

Rappel des faits. Fin 2008, le gouvernement français, à l’instar de celui américain, est obligé d’intervenir afin de sauver les banques du marasme dans lequel elles se trouvent suite à la crise des subprimes. Des milliards d’euros provenant du contribuable (vous), sont ainsi insufflés dans les plus grandes banques du pays pour leur éviter la banqueroute. Afin d’obtenir ces aides, les banques avaient juré qu’à l’avenir elles seraient exemplaires vis-à-vis des bonus, parachutes dorés et autres stock-options qu’elles verseront à leurs dirigeants et traders. Autre condition pour obtenir cette aide, faciliter l’accès au crédit.

Un an et demi plus tard, où en sommes nous ? La Société Générale a annoncé cette semaine  un bénéfice s’élevant à 1,06 milliard d'euros pour les trois premiers mois de l'année contre une perte de 278 millions un an plus tôt. Les autres banques du pays ne devraient pas décevoir non plus. De son côté, la banque américaine Goldman Sachs, la plus puissante du monde, avait accordé en 2009 16,2 milliards de dollars de salaires et bonus à ses employés en 2009, après avoir réalisé un bénéfice net de 12,192 milliards de dollars, contre 2,041 milliards de dollars un an plus tôt. Plus généralement, les bonus accordés l’année dernière aux Etats-Unis ont renoué avec la hausse, signe que les soucis du passé n'ont plus lieu d'être.

                              020382150018_web.jpg

Bref, l’argent coule à nouveau à flot et la crise semble déjà bien oubliée, tout comme les bonnes résolutions promises afin de bénéficier des aides étatiques. Car l’accès au crédit est toujours aussi difficile pour les petits et modestes revenus, malgré les (légers) assouplissements en la matière.  Une situation qu’ile st difficile de justifier quant on sait de quelle façon opèrent les banques. Celles-ci louent leur argent à des taux extrêmement faibles auprès des banques centrales (entre 0 et 0,25% aux USA et 1% en Europe), pour ensuite proposer des crédits à 4, 5, 6 pour cent, voire plus à leurs clients. Au passage, le bénéfice qu’elles engrangent sur chaque opération est énorme. Ne pourraient-elles pas proposer des crédits plus judicieux (2% ou 3%), en ayant, bien sûr, pris soin de s’assurer de la solvabilité de leurs clients ? Ne pourraient-elles pas, à leur tour, aider les contribuables, à qui personne n’a demandé leur avis quand il a fallu voler au secours des banques ? Ce serait, il me semble, un juste retour des choses, un acte moral, et surtout, un acte civil. 

Liens utiles :

Bonus, le grand écart entre Paris et les autres

L’affaire Goldman Sachs pour les nuls

Vidéo: Les étranges Bonus de Goldman

 

 

 

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 16:34

CatastropheDeepwater_Horizon_offshore_drilling_unit_on_fire_2010.jpg écologique, drame humanitaire… Les conséquences de l’exposition de la plateforme de forage gérée par British Petroleum (BP) dans le golfe du Mexique il y a onze jours sont dramatiques.
D’après les s
 pécialistes les plus pessimistes, le coût total de la marée noire qui commence déjà à toucher les côtes de la Louisiane pourrait s’élever à 7 milliards d’euros. Des mois de travail, de nettoyage et d’assainissement vont être nécessaires pour réparer les dégâts (le terme « masquer » les dégâts serait plus approprié) pour ce qui est annoncé comme la pire catastrophe écologique depuis le naufrage de l’Exxon Valdez en Alaska en 1989.


Dans son infinie m agnanimité, BP a cependant déclaré qu’il allait prendre ses responsabilités et « payer la facture ». Trop gentil. Il faut dire qu’avec un bond de 135% de son bénéfice net au premier trimestre de l’année, l’entreprise a quelques économies en poche. Sa politique d’acquisition massive lancée ces derniers mois prouve que l’appétit des dirigeants d’un des plus grands groupes pétroliers mondiaux est restée intacte.


Car il n’y a pas de secret, il faut aller chercher le pétrole là ou il est. J’entendais l’autre jour sur BFM radio un analyste déclarer que les entreprises travaillant de ce secteur mal-aimé ( ??), investissaient d’énormes sommes d’argent afin de garantir la sécurité de leurs forages et la vie de leurs employés. Il faudrait donc dire merci ?


Certes, notre monde moderne ne peut pas encore se passer de l’or noir, au risque de bloquer la machine industrielle mondiale, encore trop dépendante des énergies fossiles. Les groupes pétroliers ont d’ailleurs mal accueilli la nouvelle des autorités américaines, qui ont interdit tous travaux de  forage dans le Golfe de Mexique  avant  la fin de l'enquête sur les causes de la marée noire. Conséquence, face à une baiss e probable dans la production, ce que les majors du pétrole tentent d’éviter coute que coute dans un contexte de raréfaction des ressources pétrolières, ces derniers pourraient être tentés de renforcer leurs investissements dans l’extraction de pétrole à partir des sables-bitumeux. Or ce type d’industrie est réputée pour être très énergivore, peu productive, et surtout, extrêmement polluante pour l’environnement et dangereuse pour l’écosystème. Il suffit de regarder les paysages de l'Alberta au Canada pour se rendre compte des dégâts que ce type d'industrie peut causer. C'est bien simple, lacs et forêts ont laissé la place à de véritables mines à ciel ouvert, où plus aucune vie animale ne subsiste. Mais business is business.

 

La Terre sera pressée comme un citron tant qu’elle renfermera en son sein la dernière goutte de jus noir et gluant. Comptez-y. En tout cas, aussi longtemps que nous chérisserons notre bien aimé confort.

 


 

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