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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 20:34

Mise à jour du 11 février 2011 suite au départ de l'ancien président Hosni Moubarak en Egypte 

 

Après la Tunisie, le peuple égyptien a prouvé, au cours des trois dernières semaines qui ont précédé cette journée historique du 11 février 2011, que rien ou presque ne résiste à la colère d’un peuple. Car les Egyptiens ont fait preuve d’une ténacité et d’un courage hors pair face à un président (ex-président) Hosni Moubarak qui ne voulait plus lâcher un siège qu’il détenait depuis 30 ans. Hier encore, il avait seulement accepté de transférer ses pouvoirs au vice-président jusqu'aux prochaines élections prévues en septembre. Mais cette mesurette, que dis-je, ce minable tour de passe-passe n’aura été qu’une chimère.

Une journée historique donc pour l’Egypte et pour tout le peuple égyptien. Je dis bien peuple car ce qui frappe avant tout, c’est l’unité de la population. Coptes, musulmans et athées ont parlé d’une seule voix pour obtenir plus de justice et de liberté. Ce qui frappe aussi, c’est qu’aucun (d’après les explications des reports en place en tout cas) drapeau américain ou d’Israël n’a été brûle. Connaissant les liens étroits qui unissaient Moubarak à ces deux nations, on aurait pu redouter ce genre de dérive.

Mais outre le peuple, c’est à l’armée égyptienne qu’il faut rendre hommage, car combien de rebellions ont été maitrisées et éteintes dans le sang ces cinquante dernières années (Chine, anciennes républiques soviétiques, etc.) Le rôle de l’armée a été DETERMINANT. Refusant une allégeance indéfectible au pouvoir, elle a permis à la contestation de croitre jour après jour, renforçant le sentiment que la population avait l’armée de son côté. Cette même armée, qui s’était montrée discrète et distante, tient désormais l’avenir de l’Egypte entre ses mains, les pouvoirs de Moubarak leur étant de facto été transmis au moment où ce dernier annonçait son départ.

Ce soir, les Egyptiens feront, à n’en pas douter, la fête. Mais dès demain, c’est la reconstruction de tout un pays qui s’opère. Une vraie démocratie est à portée de leurs mains, souhaitons que toutes les forces politiques du pays sachent reconstruire un Etat libre, multi-ethnique et multiculturel, à l’image de ce qu’est le pays actuellement. Une dictature ne doit pas être remplacée par une autre dictature, notamment religieuse.

Plus que jamais, les Tunisies et les Egyptiens ont un pouvoir immense entre leurs mains. Celui de décider de l’avenir des pays du Maghreb et du Moyen-Orient, l’effet Domino qui a lieu a le pouvoir de sauver ou de détruire toute une région du monde. 

 

    

ARTICLE ORIGINAL DU 2 FEVRIER

C’est l’ébullition des deux côtés du Nil. Après la « révolution de jasmin » tunisienne, qui a conduit à la chute du président tunisien Ben Ali et à ses 23 ans de règne sans partage (sauf avec sa famille), c’est au tour de l’Egypte d’être agité par une révolte sociale sans précédents qui pourrait, là aussi, mettre  un terme prématuré au règne d’Hosni Moubarak, 82 ans, au pouvoir depuis 29 ans dans ce pays.

Mardi, au moins un million de personnes ont défilé pour exiger le départ du numéro un du régime. Les pays de la région la craignaient, ils ont vu juste, la « révolution de Jasmin » dépasse les frontières et prend chaque jour de l’ampleur. Qu’il s’agisse d’Egypte, mais aussi de l’Algérie, de la Jordanie, du Yémen, du Maroc ou encore de la Mauritanie, les manifestations anti régime se multiplient à vitesse grand V. Tout y passe, grèves sectorielles ou générales, marches et meetings, voire même immolations ou suicides en public. Ces actes sont les manifestations directes de peuples qui n’ont peuvent plus de gouvernements corrompus, despotiques, voire dictatoriaux.

L’année 2011 est déjà rentrée dans l’histoire comme celle ou les peuples du Maghreb et du Moyen-Orient ont crié leur désir d’avoir des vies plus dignes et, surtout, plus libres. Les autorités tentent tant bien que mal « d’acheter » la paix sociale en baissant le prix des produits de première nécessite (tels que le sucre ou l’huile), grâce à la manne pétrolière, mais il n’est pas sûr que cette mesure suffise à calmer la colère de la rue.

La question islamiste

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Selon  l’indice démocratique établi par l’Economist Intelligence Unit (EIU) pour 2010, le régime politique des pays du Moyen-Orient et du Maghreb n’est pas démocratique, mais autoritaire. Aucun pays de la région ne fait exception à la règle, mis à part Israël. Les révoltes actuelles sont donc à saluer, car il est indéniable qu’un vent de liberté et de justice souffle au sein de ces populations usées par des gouvernements autoritaires et qui n’ont pas changé depuis des décennies. Se pose maintenant la question à cent mille dollars, celle de savoir qui prendra la place des dictateurs actuels. Des nouveaux dictateurs ? Des religieux fanatiques ? C’est effectivement une crainte fondée et que l’on peut se poser. Les nations occidentales, bien conscientes des problèmes de succession que pourrait causer un vide politiques, regardent ces révolutions naissantes avec beaucoup d’espoir et de crainte à la fois.

Les coptes d’Egypte, qui représentent environ 10% de la population du pays, se joignent au mouvement contestataire avec beaucoup de ferveur mais redoutent la menace islamiste qui pourrait naître de la période post-Moubarak. En Tunisie, Ben Ali a depuis toujours assis son pouvoir en persécutant les fondamentalistes religieux. A titre d’exemple,  les femmes qui portaient le foulard islamique étaient exclues du monde du travail ou de l'enseignement, les hommes qui priaient trop ostensiblement en public étaient interpellés, les barbes sur les photos officielles interdites, etc. Une politique bien accueillie par les puissances occidentales mais honnie par Oussama Ben Laden, pour qui la Tunisie est le « pire exemple » pour les Musulmans, en raison de sa tolérance et de son ouverture aux autres cultures.

 

En Egypte, la menace islamiste, représentée notamment par les "Frères musulmans", est plus concrète. Le pays s’est indiscutablement radicalisé ces dernières années : les femmes voilées sont bien plus nombreuses qu’il y a vingt ans, les menaces à l’égard de la population copte ont progressé, etc. Le risque d’un vide politique c’est de voir les groupuscules islamistes tenter une percée par le biais des urnes, un peu à la manière de ce que Hitler avait fait après l’échec de ses putschs.

Les Egyptiens tiennent donc entre leurs mains le destin de leur nation et peut-être même de tout le bassin sud-méditerranéen. Il faut ainsi espérer que ce peuple saura prendre les bonnes décisions et que la minorité islamiste, aussi dynamique et inquiétante soit elle, ne sorte pas gagnante du vide ou des transitions politiques qui découleront du départ des dirigeants actuels. Le 21e siècle est assurément celui du VIRAGE DEMOCRATIQUE (enfin) pour les pays qui se trouvent des deux côtés du Nil. Mais à ce jeu-là, les actions en coulisses des pays occidentaux (Etats-Unis en tête, fournisseur attitré de l’armée égyptienne et premier partenaire commercial) et des puissances pétrolières de la région (Arabie Saoudite notamment, grand mécène de l’islamisation mondiale), pourraient donner une impulsion décisive à tel ou tel mouvement. 

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Published by SimSalatrim - dans Société
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commentaires

http://www.microneedlingreview.com 06/05/2014 13:21

Gone are the days where Somalia is crowned as the cry of Africa now they have emerged as one of the developing countries. Hats off to the government who has started remedial measures to raise them in the world

UcCaBaRuCcA 13/02/2011 15:51



Justement le rôle de l'Armée dans la crise Egyptienne m'intrigue.


L'armée a tjrs soutenu Moubarak, mais depuis quelques temps celui-ci commençait à se faire vieux et avoir des deficiences.


L'armée depuis le début des manifestations a soutenu les manifestant par sa non-action et a donc laissé le peuple renverser le Président Egyptien.


Résultat aujourd'hui que Moubarak a démissioné, l'Armée se retrouve au pouvoir, pendant 6 mois en attendant les prochaines éléctions. En ce qui me concerne, je ne connais pas assez l'Egypte pour
etredonner un avis, mais ce genre de plan m'inquiète et ne présage pas grand choses de bon. Cela dit ayons foi. Et espérons qeu l'armée sera à la hauteur de son peuple.


Pour ce qui est de la Tunisie, que ce passe-t-il aujourd'hui? Ok Ben Ali s'est tiré, mais il faut voir ce qu'il va se passer maintenant, en attendant on a 3 000 Tunisiens qui viennnent  de
debarquer en Sicile.


Encore une fois, espèrons vraiment que la classe dirigente de ces pays soient à l ahauteur de leur peuple.



Simsalatrim 07/10/2013 21:51

Merci bcp pour votre intervention. Je me permettrai de prendre le temps pour vous répondre de façon convenable. A très bientôt donc.

m;m 07/10/2013 11:17

1789 c est 1789, a mon humble avis une révolution ne peut ressembler a une autre, elle s est passée en 1789 , tres bien nous avions la royauté et il fallait la "basculer", les révolutions de notre siècle sont ressenties (surtout dans les Pays du Maghreb) comme un envahissement , qui veut que les peuples aillent "ailleurs voir" ils ont la liberté ou un semblant , car on n est jamais libre.. mais fermé dans un système; je me pose la question, pourquoi la Tunisie ne se trouve pas un Chef ? l Egypte a t elle trouvé ? la Syrie je ne me prononcerais pas la dessus, c est B el A. qui mène le "bal" jusque où ira t il ? c est une mouvance que j essaie de comprendre, car qui dit "démocratie" dit "liberté" je pense ? et alors pourquoi partent ils ailleurs ?

UcCaBaRuCcA 07/10/2013 09:54

C'est mon collègue (SImsalatrim) qui a écrit cet article et je lui laisse le soin de vous répondre plus convenablement.
En ce qui me concerne, j'ai tendance a considerer les soulévement dans le maghreb et les pays arabes comme quelques choses de très positif, y compris lorsque, passé le vent de révolte, le pouvoir est retombé dans les mains des militaires ou des extrémiste. Rappelons nous que la révolution Française n'a porté ses fruits que bien après 1789, a XIX siècle après la période de la restauration.

mattei 07/10/2013 07:45

je prends connaissance de cet article après tous les sursauts que rencontre l Egypte et malgré le départ de Moubarak... qui a fait donc place a la résistance des Frères Musulmans, comme dans les Pays qui voulaient (sic) leurs soi disant démocraties seulement pour "envahir" l occident.. je parle donc des islamistes de tous bords et de cette soi disant démocratie qui est une "révolution" de situation de ces Pays, ne parlons pas de la Syrie aux mains de B. el Assad qui résiste, avec sa "famille" dont son frère l instigateur des armes chimiques... l Egypte pour en revenir, a une armée puissante, je ne suis pas tout a fait de votre avis, elle a joué un rôle dans le départ de Moubarak,, a l appel de la rue.. les jeunes sans travail surtout et le reste.. le marasme a fait que... elle a toutefois, actuellement maté la rue... et nous en voyons encore des effets, depuis ce vendredi où il y a encore des morts, Med.Morsi fait encore parler de lui.. en fait pour combler le chômage, et le marasme grandissant on met dans les mains de ces peuples, un livre appelé le Coran.. c est comme chez Mao, son petit livre rouge.. et ainsi va le Monde...alors ouvrons les yeux, il y a aussi les ethnies, et l envahisseur de l Europe pensant a l Eldorado qui n en est plus un et il est obligé de rebrousser chemin, retourner dans son Pays, ou alors de vivre de rapines etc.. c est une mouvance qu il faut prendre au sérieux, qui amène un changement de vie dans les Pays du Maghreb, pour ce qui est de la Sicile, c est une Ile qui ne saurait continuer à prendre autant de migrants, pour la plupart, ils partiront et pour le reste aujourd'hui c est Lampedusa avec ses morts, des chrétiens d Erythrée qui paient un lourd tribu ... grâce a un Tunisien qui devait être encore bien intentionné... et qu il faut juger vive et bien a savoir "je ferais la loi du talion"

votre blog est excellent merci
bien cordialement

UcCaBaRuCcA 03/02/2011 19:43



Ouais enfin bon, à ce rythme là le Maroc et l'Inde aussi sont d'un des deux coté du Nil! Entre la Tunisie et le Nil il y a quand même 3 000 km de Lybie et d'Egypte...


cela dit je reviesn apres pour un commentaire sur le fond....



SimSalatrim 03/02/2011 18:55



Les deux COTÉS du Nil! Pas les deux rives =p



UcCaBaRuCcA 02/02/2011 22:07



La Tunisie à coté du Nil?


Je reviens demain pour un com + aprofondi



02/02/2011 22:18

Les deux COTÉS du Nil! Pas les deux rives =p

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