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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 12:34

Abu_Ghraib_17a.jpg

Cela fait un certain temps que je souhaitais traiter ce sujet et, ayant récemment vu un film qui traite de ce sujet (Unthinkable, avec Samuel L.Jackson notamment) il était temps que je me lance. J'irai tout de suite dans le vif du sujet en indiquant que personnellement, même si je la condamne absolument, je considère la torture comme, hélas, une des inévitables options de la guerre.


Dans le film précédemment cité, un Américain converti à l'islam menace de faire sauter trois bombes nucléaires (quatre en fait, mais je ne vais pas spoiler pour ceux qui ont pas vu le film) sur le territoire américain. Capture par les autorités, il est tour à tour confronté a des violences physiques et morales sous l'œil horrifié de certains agents qui ne jurent que  par les conventions et droits internationaux au motif que la dignité humaine d’une personne vaut autant que celle de millions d’autres.

Le film, qui ne choisit aucun camp (sauf vers la fin, où on s’aperçoit que la décision prise aurait peut-être dû être l’autre), amène le spectateur a de poser la question suivante: la vie d'un seul homme ,qui plus est criminel, vaut-elle plus que celle de millions de personnes innocentes? Mon avis est extrêmement clair sur ce point et la réponse est oui. Certes, je n’ai jamais et n’espère jamais être confronté à ce genre de situation, mais un ennemi reste à mon sens un ennemi et seul l’intérêt du camp que je défends présente un intérêt à mes yeux.

A la fois « humain-sceptique » et réaliste, je suis conscients que des centaines d'individus sont en train de se faire arracher les ongles, de se faire couper les doigts, de voir leur femmes violées devant leurs eux au moment même où j'écris ces lignes et où vous êtes en train de les lire. La brutalité de l'Homme n'a pas de limite et, quand la motivation est assez forte, toutes les exactions deviennent, pour ainsi dire, presque évidentes.


Le film, réaliste par la mise en scène des séances de torture, souffre d'une certaine timidité dans sa façon d'appréhender la question centrale de sa trame, c'est à dire jusqu'où peut-on aller pour faire plier ou tordre quelqu'un (le mot torture vient du latin ‘torquere’, ‘tordre’). Les scénaristes n'ont pas voulu se mouiller quand ils ont abordé la question des enfants du terroriste, qu'ils auraient pu torturer devant lui pour le faire craquer. A ce sujet, la série 24 se montre plus audacieuse, exprimant clairement la question suivante: « comment voulez-vous gagner en respectant des règles que vos ennemis ne respectent pas? »

Le droit international, notamment via les déclarations de l'ONU  ou d'autre conventions de Genève, exclut catégoriquement toute pratique de torture, peu importe les circonstances.  La belle affaire…  Pensez-vous seulement une minute que les soldats sur le terrain, qu’ils soient de tel ou tel camp, s'occupent de ces belles paroles prononcées par des bureaucrates en col blanc? Ces mêmes bureaucrates qui dorment sur leurs deux oreilles car ces mêmes soldats luttent sur le terrain de toutes leurs forces pour dresser un mur face à un ennemi plus ou moins visible.


En première ligne, "la raison d'Etat" prime sur tout le reste et n'a que faire de la dignité de l'homme. Tout ce qui compte, c'est de sauver son camp. ses amis, ses compatriotes, sa patrie. A la guerre, les remords sont bien souvent moins graves que les regrets.

Cependant, la torture, si elle peut s'avérer efficace dans un bref délai face à des individus relativement fragiles, peut également avoir un effet pervers à long terme en devenant un formidable réservoir de haine, d'hostilité et de rancœur chez la personne qui l'a subie. Le remède peut ainsi devenir plus tard pire que le mal. Par ailleurs, les fausses révélations sont légion dans ce genre de cas (Guantanamo, par exemple), la victime étant prête à dire tout et n'importe quoi pour faire cesser les supplices, même si elle n'a rien de concret à révéler. Pourtant, face aux extrémistes les plus rigoureux, totalement détermines à mener à bien leur mission, c'est peut-être la seule (et dernier) chance d'obtenir des révélations importantes. Le dialogue peut fonctionner, mais uniquement avec eux qui ont envie de dialoguer. Pour les autres, seule la manière forte peut peut-être les inciter à parler…

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Published by SimSalatrim - dans Société
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UcCaBaRuCcA 20/11/2010 18:03



Voilà un article sur le sujet interessant:


http://www.slate.fr/story/30281/torture-honte-nation-americaine


sur Slate.fr



UcCaBaRuCcA 05/11/2010 08:10



ben y a pas de reponse à cette question, je sais pas. Mais l'important c'est que je sais qu'il ne faudrait rien faire. Après, l'homme est faible et tt est possible



SimSalatrim 04/11/2010 17:43



J'attends tjs une reponse!



SimSalatrim 28/10/2010 18:35



ok mais tu réponds pas à la question que j'ai posé précédemment! que ferais-tu?



UcCaBaRuCcA 28/10/2010 07:58



La difference c'est que dans cet exemple c'est un citoyen privé qui se trouve face au dilemme de la violence. Alors que dans l'article tu parle de la torture couverte par raison d'Etat.


Si un citoyen commet se genre de crime, il est punis par la lois, et c'est très bien. A plus forte raison, l'Etat, meme si il est le detenteur du monopole de la violence, ne doit pas agir
immoralement.



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