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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 16:26

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Ca y est. 24 heures chrono, la série événement des années 2000 vient de tirer sa révérence après huit saisons et 192 épisodes.Damn it! Petite précision, je ne suis pas fan « de la première heure » de cette série que j’ai commencé à dévorer à partir de la troisième saison, mais il me semblait important de mettre en avant pourquoi 24 a, à mon sens, réellement bouleversé la façon de « créer » des séries.

Diffusée à partir du 6 novembre 2001 sur le réseau Fox, une chaine conservatrice américaine, la série 24 est, sans le savoir, une « fille du 11 septembre ». La première saison, qui avait été tournée avant les attentats sur les deux tours jumelles, n’évoquait pas le thème islamiste, celui-ci faisant partie centrale de la trame qu’à partir de la saison 4.

La force de la série 24, qui mettait en scène l’agent Jack Bauer (Kiefer Sutherland, est celle de s’être fortement inspirée du réel pour construire une histoire sans tabous, sans frontières et sans règles. Bref, l’histoire de la vie de tous les jours. Ci-dessous, quelques explications sur ce qui me fait dire qu’il y aura eu un « avant » 24 et un « après » 24.


Visionnaire. Un président des Etats-Unis noir, il fallait oser. Sept ans avant le sacre de Barack Obama à la tête du pays, les scénaristes avaient eu l’idée de placer à la Maison-Blanche un afro-américain, David Pallmer (interprété par l’acteur Dennis Haysbert).

Sept ans, ce n’est pas rien. A l’époque, en pleine période « Bush », et face à une Amérique renfermée et isolée sur elle-même, qui aurait osé faire un tel pari ? Ce n’est pas tout, car les ambitions présidentielles d’Hilary Clinton pousseront par la suite les scénaristes à placer une femme à la tête du pays à partir de la saison 7. Si cette fois le scénario fictif ne s‘est pas réalisé (Hillary Clinton ayant été battue par Obama lors des primaires), le caractère visionnaire de la série mérite des éloges.


Audacieuse. La torture, thème tabou s’il en est, a toujours fait partie intégrante de 24. Accusée de justifier l’utilisation d’une telle pratique, la série s’est contentée de décrire la réalité de la guerre dans sa vérité la plus crue. Ce n’est pas en offrant des croissants au chocolat à un ennemi qu'il va nous dire ce qu'on attend de lui. Tous les moyens sont bons pour faire parler quelqu’un, c'est le principe de la guerre.  Il faut rendre hommage aux scénaristes qui ont résisté à l’autocensure et ne sont pas tombés dans le « politiquement correct ». Eparpillée au gré des épisodes et des saisons, la torture devient, au cours de la seconde partie de la saison 8, le thème principal de la série, son fil conducteur. Entre autres, la simulation de noyade  y est clairement montrée, elle qui a fait il y a quelques temps la une des journaux suite aux pratiques avouées par certains agents de la CIA. Petite précision, 24 ne prend pas partie en faveur de la torture ou pas. C’est au spectateur lui-même de se demander jusqu’où on peut aller pour faire parler un terroriste.


Rétro. Difficile de maintenir intacte la curiosité d’un spectateur en lui offrant seulement une ou deux trames par saison. Pourtant, 24 y est arrivé an ayant l’idée géniale de faire dérouler les événments en temps réel : un épisode=une heure. Du coup, impossible de décrocher tant qu’on n’a pas vu la fin de la journée, soit les 24 épisodes.  C’est finalement le retour à un concept des séries d’autrefois, type Dallas, où chaque épisode venait compléter celui précédent afin de créer ce qu’on appelle une grande saga. 24 n’a par exemple rien à voir avec une série comme X-Files, où le thème central, la mythologie, est évoqué dans seulement 75 épisodes sur 201.


Ni gentils, ni méchants. Coups tordus, trahisons, changements de camps… Tous les personnages de 24, sans exception, ont été soumis au moins une fois à la tentation ou à la perte d’un être proche (plusieurs fois pour Jack Bauer). De quoi se remettre en cause et vouloir tout « foutre en l’air ». Encore une fois, les scénaristes visent à interpeller le spectateur : « que feriez-vous si vous aviez tout perdu » ? Malmené comme jamais dans l’ultime saison, Jack n’est plus que l’ombre de lui-même. C’est un monstre déshumanisé, sans repères, assoiffé de vengeance suite à la perte de celle qui venait de devenir sa compagne. La justice, cette idée que lui-même s’est fait un point d’honneur de respecter tout au long de sa carrière, n’a plus aucun sens. Et c’est là que 24 frappe fort. Car il fait dire au spectateur « est-ce que je ferais pas pareil à sa place ? ».

Il y a encore mille et une raisons qui font de 24 LA série événement de ces dernières années. Pour l’instant, je ne vois pas de relève à l’horizon. Et vous ?

Trailer d'un épisode de 24 de la saison 8 

 

 

 

 

 

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Published by SimSalatrim - dans Culture
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UcCaBaRuCcA 28/05/2010 13:12



La seule série où pendant 8 Saison on ne voit AUCUN gentil/héros/acteur principal. L'antithèse du manichéisme. J'ai adoré ça! Quand je pense que certains comparait Prison Break à OZ... non mais
où va le monde?!



Pancamo 27/05/2010 22:25



OZ. une autre série qui aura marqué son époque. Certainement trop "particulière" pour plaire à tout le monde mais qui laissera son empreinte. 



UcCaBaRuCcA 27/05/2010 17:39



Je n'ai jamais regardé 24....


Cela dit dans les séries qui ont bouleversé le genre (et que j'ai vu) je mettrai en première place OZ. C'etait quelque chose!



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