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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 17:53

enrico-mattei-al-centro

 

"Enrico Mattei, l'italien le plus puissant depuis Cesar"

Titre du Time Magazine en 1962

 

Tolstoï disait dans "Guerre et Paix" qu'il n'y a pas de Héros dans L'Histoire, et que l'individu (il parlait tout de même de Napoléon et du Tsar Alexandre) ne peut pas changer son cours. L'Histoire avance d'elle-même, par une série de coïncidences parmi lesquels s'inscrivent les actions des grands hommes. Je suis tout à fait d'accord avec la première affirmation, toutefois, concernant le rôle que peuvent avoir certains hommes sur le cours de l'évolution historique, je suis plus mitigé: il y a des personnages qui influent grandement sur les évènements, et qui par leurs actions méritent une place particulière dans les livres. Enrico Mattei est un de ses hommes, et je vais vous raconter ici son Histoire. La vie de cet homme aurait pu avoir une influence sur le cours du XXème et XXIème siècles, elle s'inscrit dans le cadre de la guerre entre les 7 grandes compagnies pétrolières qui ont monopolisé le secteur énergétique pendant des décennies, et influence directement l'équilibre géopolitique mondial et le rapport de forces des 2 blocs: Soviétique et Occidental.

C'est le genre d'Histoire qu'il est important de connaître pour comprendre à quel point nous vivons dans un monde régi  par des enjeux politiques et économiques, et que, pour l'élite qui a le pouvoir, la morale, le bien et le mal, ne sont que des leurres servant à maintenir le peuple dans sa torpeur, dans sa société virtuelle où règne un semblant d'ordre, alors qu'au dessus de ces sociétés règne l'anarchie, la loi du chaos, la loi du plus fort.

C'est le genre d'Histoire qu'aucun scénariste n'aurait la fantaisie d'imaginer ou l'audace de raconter. En effet comment pourrait-on mélanger dans un  film la CIA, les services secrets Italien, le crime organisé, les différents gouvernements, le colonialisme, les pays producteurs de pétrole, la révolution iranienne, et, au milieu de tout ça, un seul homme, ni blanc ni noir, ni héros ni escroc, mais qui sait où il veut aller, et qui a un projet ambitieux: rendre l'Italie indépendante au niveau énergétique.

 

Octobre 1962, 27éme jour du mois. L'avion privé Morane-Saulnier MS-760 Paris, parti de Catane pour rejoindre Milan précipite dans les campagnes de Bascapé, en Lombardi. A' son bord, Irnerio Bertuzzi, le pilote; William Mac Hale, un journaliste américain; et Enrico Mattei.

 

Enrico_Mattei.pngQui est Enrico Mattei? Il est né en 1906 à Acqualagna, petit village anonyme dans la région tout aussi anonyme des Marches, en Italie. Son père était sous-officier chez les carabiniers. Pas très doué à l'école, il est envoyé par son père dans un atelier de construction de lits métalliques, en tant qu'apprenti. C'est là qu'il entre en contact pour la première fois avec des produits chimiques, en particulier des vernis et des solvants. Il gravira les échelons jusqu'à travailler pour la Max Meyer à Milan, en tant que commercial dans les produits chimiques. L'ambition de ce self-made-man le porta à s'inscrire au parti fasciste en 1922, ce qui lui sera reproché  plus tard. Successivement il sera lié, jusqu'à la fin, au courant de gauche de la Democrazia Cristiana. Durant la guerre, il participera à la résistance avec les "blancs", les résistants d'extraction catholique. Il opérera dans les Marches pour le CLN, le Comité de Libération Nationale jusqu'à devenir un des principaux représentants de l'organisation partisane.  Il gravira, grâce à ses contacts avec les forces industrielles et le clergé, les échelons de la résistance. Arrêté par les agents de Ia nouvellement constituée République Sociale Italienne de Mussolini (ou République de Salò) il fera de la prison avant de s'échapper avec l'aide d'un gardien. Tous les hommes qui l'accompagneront par la suite seront des amis de cette époque, des compagnons de résistance.

Une vie bien remplie déjà, pour un homme de 39 ans. Mais l'Histoire ne commence que maintenant.

 

AGIPEn 1945, l'Azienda Generale Italiana Petroli, plus connue sous l'acronyme AGIP, était une institution publique qui s'occupait de la production, du raffinage, et de la distribution de pétrole. La société pétrolière a souffert  -comme toute l'Italie- de la guerre, et elle est au bord du gouffre. De plus, le secteur énergétique est à l'époque entièrement entre les mains des 7 soeurs: Esso (USA), Shell (GB), BP (GB),  Mobil (USA), Chevron (USA), Gulf Oil (USA), Texaco (USA). A' l'époque on est bien au-delà du lobbying, le pétrole est  géopolitiquement un facteur stratégique,  les 7 soeurs ont plus de pouvoir que les gouvernements. C'est pourquoi le monopole doit être défendu, même contre les petits Poucets du secteur*. Voici ce qu'écrit le secrétaire d'état américain à son ambassadeur à Rome le 22 Mars 1945: La participation du gouvernement Italien aux affaires pétrolières créerait une position concurrentielle telle,  qu'elle pourrait  conduire à des tentations de recourir à des pratiques arbitraires [en langage normal: l'Italie risque de ne plus se servir chez nous], si cette situation continue cela pourrait être désavantageux pour les consommateurs italiens et nocifs pour les relations commerciales italo-americaines. La position des USA est claire. AGIP doit fermer. Le 28 avril 1945, 3 jours après la libération, Enrico Mattei est nommé commissaire liquidateur de l'AGIP. Le boulot était simple: liquider et fermer l'entreprise. Mais dès qu'il fut mis au poste, Mattei  eut l'intuition du potentiel du groupe et de son importance pour le pays. Ignorant les pressions politiques (la gauche voyait dans cette entreprise étatique un héritage du fascisme, certains democristiani pro-americains étaient tout simplement contre une entité nationale pour l'exploitation du pétrole), Mattei réussit à relancer la machine, avec de la chance  en trouvant des petits gisements sur le sol italien,  avec une bonne communication, et des méthodes il est vrai peu conventionnelles (comme par exemple installer les canalisations de nuit, sans demander de permis aux mairie, ou par la suite en détournant d'immense quantité d'argent à utiliser pour  obtenir la faveur des partis politiques ou encore en se faisant faire des lois sur mesure). Après une éviction due aux pressions des Etat-Unis qui se rendaient compte que l'homme n'avait aucune intention de fermer la société, Mattei revint vite à son poste avec l'élection de son ami De Gasperi, fondateur de la Democrazia Cristiana, à la tête du gouvernement. En 1948 Mattei eut son premier succès d'envergure en découvrant un gisement de gaz près de Ripalta (Lombardie). Suite à d'autres découvertes dans la région, les industries Milanaises pouvaient avoir directement accès à des sources d'énergie à bas prix: le gouvernement ne pouvait plus parler de fermeture. En 1952, l'Agip se dota du fameux logo du chien à 6 pattes et devint ENI (Ente Nazionale Idrocarburi), une entité qui devait gérer toutes les politiques énergétiques du pays. Mattei en fut nommé président. Pendant ce temps, de l'autre côté de l'Atlantique, les peurs devinrent de plus en plus réelles et l'inquiétude de voir l'émergence d'un concurrent se concrétisait.

 

482f4a8618323_zoom.jpgLes rapports entre l'ENi et les 7 soeurs et le gouvernement américain devinrent très tendus, aussi parce que L'ENI gonflait ses chiffres et se montrait plus importante qu'elle ne l'était en réalité. L'ENI, pour assoir sa position de 8ème grosse compagnie, essaya de rentrer dans le "Consortium pour L'Iran",  le cartel des 7 soeurs crée pour faire revenir sur les marchés le pétrole iranien après la crise de Abadan et la déposition de Mohammad Mossadeq. En entrant dans ce cartel, l'ENi aurait eu un accès direct à de grandes quantités de pétroles qui lui manquait. Mais la requête de Mattei fut repoussée. C'est à ce moment que Mattei forgea le célèbre surnom des "7 sorelle" aux 7 compagnies pétrolières. C'est aussi à ce moment que l'histoire prend une autre tournure: L'ENI décide de faire cavalier seul dans le monde du pétrole et de rivaliser ouvertement avec ses concurrents.  C'est un moment clef, car à l'époque seuls les USA et la Grande-Bretagne gèrent la production de pétrole dans le monde, et l'Italie de l'époque est très instable et loin de rassurer les forces occidentales:  le Parti Communiste obtient beaucoup de voix et on craint qu'elle ne sombre dans le bloc soviétique. C'est ainsi qu'une concession sera ouverte en Iran, grâce aux contacts de Mattei avec le Shah de Perse Mohammad Reza Pahlavi. En Iran se jouera une guerre civile entre les révolutionnaires armées par les 7 soeurs (le pétrole iranien aurait dû finir en Grande Bretagne) et le Shah qui était sensible aux intérêts italiens. C'est la première concession faite à un groupe non aligné avec les 7 soeurs: plus que de briser un tabou, c'est une révolution dans le secteur énergétique.

Mais la pression du cartel sur les pays producteurs est énorme et les portes se ferment graduellement pour L'ENI, qui est désormais un pétrolier sans pétrole.

petrole-carte-du-monde-copie-1

Mattei décide alors de fortifier sa structure jusqu'à la rendre aussi puissante qu'un état: il met de son coté l'opinion publique*, il lance un quotidien national, crée une vaste structure diplomatique avec des ambassadeurs de la société dans les 4 coins du monde, il se dote d'un réseau d'informateurs, peut-être a-t-il même bénéficié de la collaboration des services secrets italiens (comme les 7 soeurs ont bénéficié des services secrets américains et britannique). L'ENI voyant que les principaux pays producteurs ne veulent plus traiter avec le groupe italien, décide de sélectionner ses pays fournisseurs parmi les pays plus pauvres, avec lesquels Mattei jouera la carte de la similarité des conditions  de  développement par rapport à la grande puissance américaine (l'Italie était un pays relativement pauvre à l'époque, et n'était pas perçue [à tort] comme un pays colonisateur), et la carte de la franchise et du commerce équitable. Il instaura avec ses nouveaux partenaires (la Libye, l'Egypte, la Jordanie, l'Algérie, la Tunisie, le Liban, le Maroc ) une sorte de capitalisme éthique, en offrant aux pays producteurs des contrats beaucoup plus avantageux, et en leur laissant les droits de propriété des sols, ce qui n'avait jamais été fait auparavant. Tout ceci a une énorme influence sur la politique extérieure de l'Italie, qui en quelques années se rapproche énormément des pays du Moyen-Orient et du continent Africains en  traitant avec eux comme avec des États de première catégorie. L'épicentre des intérêts italiens se déplace nettement vers le sud. L'ENI suggère à son réseau de production de créer une institution transnationale des pays producteurs de pétrole (la future OPEC?). La situation est sans pareil en Europe, un pays est en train de se détourner du vieux continent sous influence du bloc américain. Il y a aussi une certaine gêne au niveau des représentants du gouvernement italien par rapport à l'allié américains. Mais les ministres ne peuvent rien faire: à cette époque, la politique extérieure de l'Italie c'est L'ENI, et l'ENI, c'est Mattei. L'équilibre mondial est en train de bouger, imperceptiblement, mais bien réellement. Un nouvel intermédiaire apparaît sur la scène mondiale, l'Italie, qui est en train de fédérer les états nord-africains et du moyen-orient autour d'un intérêt commun, ce qui pourrait créer un 3ème bloc sur la scène mondiale, plus petit, et énergétique celui-ci, en opposition (ou complément?) aux deux blocs militaires que sont les USA et l'Union Soviétique.

C'est le début de la confrontation ouverte avec les 7 soeurs et les Etats-Unis.

 

foto1ade.jpgC'est à ce moment qu'arrive ce qui à l'époque était considéré officiellement comme un "accident". Mattei avait déjà été victime d'attentats manqués, d'intimidations, de menace de mort. La politique économique de Mattei, sa vision du monde, son ouverture d'esprit dans les affaires, son refus d'obéir aux règles monopolistiques et antilibérales imposées par les pays les plus puissants, tout ça, combiné à la force de l'ENI qui disposait de plus de moyens de transport que l'armée italienne, lui amena beaucoup d'ennemis.

Depuis la réouverture du dossier en 1997, le crash du Morane Saulnier s'est avéré être un attentat, perpétré avec 150g d'explosif disposé dans la cabine, explosif qui se serait déclenché avec l'ouverture du train d'atterrissage.

La mort de Enrico Mattei empêcha l'ENI de continuer sa politique.

 

Hypothèse sur les mandataires:

Beaucoup de gens proches de E. Mattei furent assassiné par la suite, souvent par le crime organisé (le journaliste Mauro de Mauro, le général Carlo Alberto Dalla Chiesa, Boris Giuliano etc.) il ne fut jamais établi si ces crimes furent des crimes de mafia ou des crimes liés à l'affaire Mattei. Toutefois certains repentis, notamment Tommaso Buscetta, déclarèrent que ces assassinats furent une "faveur" faite par la mafia sicilienne (la plus forte à l'époque) à des opérateurs étrangers.

La seule vérité que l'on connaisse aujourd'hui, c'est que beaucoup avaient intérêt à voir Enrico Mattei disparaître:

- Les 7 soeurs, pour commencer. L'arrivée de l'ENI les a forcés à revoir tous leurs contrats, le montant des pertes (ou plus précisément, des revenues non perçues) par les 7 compagnies à cause de l'ENI était supérieur au PIB d'un Etat moyen. On fait des guerres pour moins que ça.

- La CIA. La proximité traditionnelle des compagnies pétrolières avec le gouvernement américain ne permet pas d'exclure le fait que la CIA aurait pu jouer un rôle dans l'affaire.Surtout parce que au-delà des questions énergétiques, la politique de l'ENI risquait de modifier la "balance of Power", l'équilibre des forces géopolitiques.

- La CIA avait aussi une autre raison d'éliminer Mattei. Nous sommes en pleine guerre froide, au moment de la crise des missiles de Cuba, et Mattei avait rompu l'embargo politique de la Russie en établissant une ligne commerciale. On peut noter aussi que peu avant l'attentat, les USA avaient condamné l'attitude de l'Italie qui soit-disant n'était pas loyale, et ne respectait pas ses engagements de l'Alliance Atlantique et de l'armistice. De plus, à cette époque les Etats Unis craignaient que l'Italie ne  bascule dans le bloc communiste, le fait de voir le centre de gravité du pays se déplacer sensiblement vers la Méditerranée n'a pas dû les rassurer.

- Une autre est celle de l'OAS (Organisation Armée Secrète). Concernant l'Algérie, Mattei avait publiquement annoncé qu'il renonçait à prendre les concessions du Sahara tant que l'Algérie ne serait pas un pays indépendant, il dénonçait  le fait que la France conditionnait, ou même gouvernait la gestion des ressources pétrolières Algérienne. Il mit le gouvernement américain dans une position délicate, car  après une telle prise de position, les 7 soeurs devaient faire de même, et par reflet  le gouvernement américain: ou pour le colonialisme et l'OAS (ce qui ne correspondait pas du tout à la politique extérieure des USA), ou contre le colonialisme et donc contre la France. Mattei reçu de manière insolite et préoccupante une menace de l'OAS qui lui "suggérait" de ne pas soutenir le Front de Libération Nationale Algérien.

- On a aussi parlé de mouvance interne à l'Etat italien. En 1962, Enrico Mattei était LE pouvoir, il représentait un Etat dans l'Etat, ce qui forcément limitait le pouvoir des membres du gouvernement, des élus, mais aussi des  autres centres de pouvoir moins institutionnel, très présent en Italie..

 

Ce qui semble certains, c'est que pour l'exécution de l'attentat, les mandataires se sont fiés à la  criminalité Organisée locale, la Mafia, quant à l'identité de ces mandataires: la justice n'a pas de réponse depuis la fin de l'enquête judiciaire en 2005.

 

Et enfin, pour se détendre, une petite cover que j'ai faite d'une chanson traditionnelle italienne (rien à voir avec l'article):

 

 


 

* Une anecdote racontée lors d'un discours en 1961 de Enrico Mattei est resté dans les mémoires:

"Il y a une vingtaine d'années j'étais un bon chasseur et je chassai souvent. J'avais deux chiens, un berger Allemand et un Setter, et à force de courir dans la vallée, de l'aube au crépuscule, les chiens étaient exténués. En retournant au gîte chez les paysans, la première chose que nous faisions c'était de donner à manger aux chiens dans une gamelle, qui aurait suffi pour 5 chiens! Un jour j'ai vu entrer un petit chat, tout maigre, affamé, faible.Il avait très peur et s'avança tout doucement. Le chaton regarda à nouveau les chiens, fit un miaulement et posa sa patte sur le rebord de la gamelle. Le berger Allemand lui donna un coup en l'envoyant à trois ou quatre mètres, et en lui cassant la colonne vertébrale. Cet épisode m'a beaucoup marqué. Voilà, nous avons été ce petit chat; durant les premières années..."

Cette histoire a suscité une forte sympathie pour Mattei, un élan d'orgueil national et un début d'anti-americanisme qui lui ont valu un soutien parmi la population.

 


 Autres Histoires d'Italie:

Les amis des amis

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Published by UcCaBaRuCcA - dans Histoires d'Italie
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commentaires

Jeanson 13/12/2015 02:35

MERCI !

UcCaBaRuCcA 06/12/2011 20:05


Update: nouvelle fraiche dont j'ai du mal à comprendre la porté.


L'enquête sur les homicides de Mattei, De Mauro et Pasolini avances et il y auraient de nouveaux éléments prouvant qu'il soient connecté.


http://www.corriere.it/cronache/11_dicembre_05/dellutri-de-mauro-pasolini-mattei_7d40c61a-1f5a-11e1-befb-0d1b981db5e8.shtml


 

Pierre Parvaud 07/04/2014 14:26

Exact

UcCaBaRuCcA 07/04/2014 14:21

Andreotti?

Pierre Parvaud 07/04/2014 14:17

Pasolini allait révéler des informations sur la mort de Mattei dans un chapitre de son roman : Petrolio.

L'auteur italien de l'assassinat de Mattei est décédé, mais rien n'a filtré de plus pour l'instant. De même, la CIA n'a toujours pas ouvert au public son dossier IR7912 rédigé par son correspondant local le 28 octiobre 1962.

mattei JB 06/10/2013 15:59

ne vous en faites pas les Mattei, dont l origine du nom est Rome, l an 683 D.Ch se relève toujours de leurs cendres, ils feront toujours parler d eux.. et ne capituleront jamais

Vincent 03/11/2011 21:31


Bonjour, je viens de visionner un reportage sur les 7 sœurs dans lequel le meurtre d'Enrico Mattei, ancien général des forces catholiques combattantes, est mentionnée. Ce reportage, en plusieurs
épisodes, date de 1985 et peut être visionné ici : http://www.youtube.com/watch?v=D-nMGk61dms&feature=related ou ici : http://video.google.fr/videoplay?docid=-2313647215960990868 Les épisode
suivants sont disponibles sur la même page. L'affaire Mattei est abordé précisément ici : http://www.youtube.com/watch?v=SGBjAnNlIt8&feature=related à partir de 9 min. Dans le 4 eme épisode, il
est fait mention de la seconde guerre mondiale et de la nationalisation des réseaux de distribution d'essence des anglais et des américains. Ce fut l'AGIP qui géra le réseaux nationalisé pour le
compte de l'état italien. Ce reportage est un document TF1 . Il tente de dévier les soupçons qui pèsent sur les USA en mentionnant des compagnies italienne ... Mon intime conviction concernant les
responsables de la mort d'Enrico Mattei se porte sur les services américains et anglais, la C.I.A. et MI6, pour les raisons évoquées par Pierre au commentaire N°1 et en représailles aux
nationalisations effectuées durant les années de crises au profit de l'AGIP. La lettre de l'OAS ressemble plus à un contre-feu destiné à perdre les opinions publiques sur de fausses pistes. Le
"conflit" entre le FLN et la France est né juste après la découverte de pétrole et son exploitation ... Il est très probable que des compagnies parmi les 7 sœurs n'aient pas apprécié de voir une de
leur vache à lait devenir un concurrent. Anecdote, ce document sur les 7 soeurs nous apprend que le FLN était financé à près d'un quart de son budget par la France. ( c'est indiqué dans le
reportage par un journaliste qui enquêta sur ELF ) Par ailleurs, j'ai lu que la C.I.A. s'était appuyée sur la mafia locale après la guerre pour "déloger" les forces communistes et "encadrer " le
peuple d'Italie afin qu'il ne se rapproche pas du parti communiste. L'implication de la loge P2 liée elle aussi à la C.I.A. n'est pas à exclure. ( étouffement de l'affaire ) Le reportage fait
mention de deux hommes, deux mécaniciens, qui auraient approché l'avion peut de temps avant son décollage. Je ne pense pas qu'une connaissance très détaillée de l'avion fut requise pour y poser une
bombe dont le mécanisme de déclenchement aurait été lié à la sortie du train d’atterrissage. Ca parait aussi simple de poser ce genre de bombe que de poser une bassine d'eau au dessus d'une porte
entre-ouverte.


UcCaBaRuCcA 07/12/2010 08:00



Cher Kayam,


 


tt d'abord nous vous remercions! (oui, nous sommes deux, et ce blog est ouvert à tous ceux qui veulent publier quelqus choses ou proposer un thème de reflection).


Ensuite concernant l'ENI, les dernières révélations de Wikileaks (je ne suis pas en accord avec la démarche du site mais bon, l'info est là, prenons là) montrent que l'ENI est aujourd'hui à l
asolde d'un Magnat qui l'utilise à ses fins personnels, notamment en Russie.


Quel paradoxe, les hommes d'affaires en Italie servent l'Etat, alors que les politiques servent aujourd'hui leur personne.



khayam 07/12/2010 00:01



De nos jours évoquer Enrico Mattei devient confidentiel, pourtant peu d'hommes aurons marqués l'histoire récente tel que lui. La face du monde aurait été toute autre si il avait survécu, ou bien
si on avait poursuivi ce qu'il avait initié. Je me hasarderais même à dire que ses contemporains, autrement plus reconnus et célébrés, qui ont connu la même fin tragique n'auront marqué
l'histoire que par cette fin.


Beaucoup de temps perdu pour finalement adopter la démarche qu'il avait initié (surement pas dans le fond mais assurément dans la forme).


Homme visionnaire, volontaire et persuasif, progressiste, populaire mais en aucun cas populiste.


Une leçon d'histoire et de vie, a démontrer pleinement qu'un homme peut changer la face du monde.


 Une vie entière en accord avec ses idées par temps de guerre ou de paix.


Je dirais sans hésiter que de nombreux pays, y compris le sien et le sud précisément, auraient connu un autre destin.


Nombreux diront qu'il avait les moyens d'un état pour le faire, oui précisément ce que possèdent d'autres hommes en sus d'un pouvoir politique. 


PS: Vos articles ont été une joyeuse découverte, au gré du hasard d'une recherche infructueuse d'emploi par le biais d'un moteur qui ne sera pas maudit par moi cette fois.


Je ne dirais pas qu'ils vont à contre courant, puisqu'ils suivent le mien (du-moins ceux que j'ai lu, vous ne serez donc pas à l'abris d'une contradictrice ou d'une critique). 



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