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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 19:23

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Avec un peu moins de 600.000 fidèles (chiffre qui varie selon les méthodes de calculs, mais dans tous les cas inférieur à un million), la communauté chrétienne d’Irak représente environ 2% de la population globale. Une entité disparate, fragmentée, qui n’a aucun poids sur l’échiquier politique mais qui s’amenuise à vue d’œil depuis la fin de la seconde guerre du Golfe. Une tendance qui s’est accélérée ces derniers mois suite aux nombreuses attaques kamikazes lancées par les branches locales d’Al Quaida, qui a annoncé la semaine dernière que les chrétiens du pays constituent désormais une « cible légitime ».

Dix jours après l’attaque  d’une cathédrale à Bagdad, ayant fait une soixante de morts et près de 80 blessés, la communauté chrétienne du pays vit dans l’angoisse de nouvelles représailles.


Malgré les promesses du gouvernement irakien, qui a assuré qu’il protègerait les familles chrétiennes face aux groupes terroristes islamiques, la menace est réelle et sérieuse. L’exode a d’ailleurs déjà commencé, notamment en Jordanie, en Syrie, mais aussi dans les pays occidentaux comme la France, qui offre asile aux personnes persécutées pour leurs croyances religieuses. Au train où vont les choses, dans quelques années cette minorité religieuse aura totalement disparu du pays. Et pour ceux qui restent, les intimidations et les menaces se multiplient : séquestrations, obligation de marier une fille ou une sœur à un musulman, paiement du « jiza » (un impôt  historiquement imposé par les musulmans aux "infidèles"), difficulté pour trouver un emploi non spécialisé, etc…

C’était mieux avant ?

En tant que membre du parti Baas, Saddam Hussein, dictateur sanguinaire s’il en est, avait pourtant compris que la création d’un grand empire arabe, à l’image de ce qu’était la grande civilisation perse d’autrefois, ne pouvait avoir lieu que dans un état de droit LAIQUE. A ce titre, les minorités religieuses étaient protégées et ceux qui s’attaquaient à elles étaient punis (zigouillés, dirons-nous).

 A ce titre, il avait compris que la religion ne devait jamais troubler « l’ordre public » et le rôle de l’Etat dans la protection des minorités était fondamental. Aujourd'hui, ceci n’est plus le cas. Le gouvernement irakien actuel, corrompu et divisé, n’est pas en mesure de faire face à des groupements islamistes à la fois nombreux et armés. Or les chrétiens d’Irak n’ont rien pour se défendre, ni arme ni milice, et ne font que payer les pots cassés d’une invasion américaine qui a sonné leur arrêt de mort. En quelques années, la situation a rapidement dégénéré. Si initialement les islamistes s’attaquaient aux lieux de cultes ou à quelques représentants cléricaux, tous les fidèles sont désormais victimes de leur haine. Les femmes sont violées, les hommes assassinés, et les enfants aussi. En 2006, un jeune garçon de 14 ans avait été kidnappé puis crucifié, une histoire atroce que les médias n’ont que peu repris dans leurs colonnes. Allez savoir pourquoi.

L’appel au secours

L'archevêque syro catholique Mgr Athanase Matti Shaba Matoka, jugeant « tragique » la situation des chrétiens dans le pays, a estimé mercredi qu'il « serait criminel de la part de la communauté internationale de ne pas s'occuper de leur sécurité ». Mgr Philip Najim, procureur de l'église chaldéenne près le Saint-Siège à Rome, a indiqué de son côté sur les ondes de Radio Vatican que « les terroristes veulent sûrement montrer au monde entier qu'il y a un vide politique en Irak et un manque d'unité au sein même du pays. » Personnellement, je pense qu’Al-Qaïda a perdu son combat en Irak face à la coalition menée par les Etats-Unis (contrairement à l’Afghanistan). S’attaquer aux chrétiens est donc la seule chose qui puisse leur permettre de « purifier » le pays des « infidèles ». La protection de cette minorité est donc une PRIORITE ABSOLUE afin que les islamistes n’éliminent pas les valeurs de laïcité qu’a toujours défendu le pays, comme c’est écrit dans sa Constitution (contrairement à d’autres pays arabes présents dans la région).

En « libérant » l’Irak du joug de Saddam, les Américains pensaient favoriser la démocratie. L’idée, audacieuse, a mal été mise en pratique, et aucun pays ne peut être démocratique et libre sans la liberté de culte qui l’accompagne. La disparition de la minorité chrétienne en Irak serait au contraire catastrophique et pourrait favoriser une « islamisation par le bas » d’autres pays majoritairement musulmans. Le sort des chrétiens dans les pays voisins de l’Irak est donc fortement corrélé au sort des chrétiens d’Irak. La communauté internationale doit faire de la protection des minorités religieuses en Irak une de ses priorités absolues.  Les fondamentalistes musulmans doivent échouer

(PS: message destiné aux coincés du cul intellectuels, si les victimes étaient musulmanes, la morale de l'article serait exactement la même)


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Published by SimSalatrim - dans Société
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UcCaBaRuCcA 02/01/2011 13:09



Les derniers evenements appuie ton article.


Les chétiens dans le monde sont souvent persécuté. Je pense qu'il y a en occident une réelle et volontaire sous estimation des medias. Non par calcul politique, ou mépris de la religion
Chretienne, mais par peur de créer une dualité entre les souffrances des musulmans et des Chrétiens dans le monde, dualité qui pourrait réveiller des sentiments extremistes chez les pratiquants
occidentaux.


N'oublions jamais qu'un mort d'ailleurs ne vaut pas moins qu'un mort de chez nous. N'oublions pas les victimes musumanes, ni les victimes chretiennes d'Orient et d'Afrique et d'Asie



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